Activités complémentaires 3

Un jour d’août

Le séjour à Rio se termine et il y avait encore deux choses que je voulais vraiment faire (en vrai, il  y en avait plus mais j’ai du faire un choix et celles là étaient les plus importantes). Je voulais aller voir une favela et un match de foot.

Pour la favela, nous sommes passés par http://favelatour.com.br/, agence conseillée par notre guide (à ce sujet, nous avons réussi à abandonner notre guide du routard et à « voler » un lonely planet, nous revivons) et la seule qui était facilement joignable par téléphone. Et comme petit plus, elle proposait la visite en français.

Notre nombre était restreint pour la visite car Anne n’était pas du tout intéressée, Vianney comparait cela à du voyeurisme et Anaïs n’avait pas de motivation suffisante pour nous accompagner.

En conclusion, nous n’étions que moi, ma maman, Noé et Théandre.

Avant de vous parler de cette matinée que j ‘ai vraiment appréciée, je vais vous expliquer pourquoi je voulais faire cette visite.

Lorsque nous pensons à Rio, nous pensons obligatoirement aux favelas où 20% de la population  habite. On ne peut pas les ignorer. De plus, dés que vous levez les yeux aux ciels, vous ne pouvez pas rater des pans de montagnes entiers recouverts de maisonnées plus ou moins harmonieuses. Cette pauvreté fait partie de Rio et je trouve que les ignorer de peur de passer pour des voyeurs, c’est stigmatiser cette population sans même qu’elle puisse dire quelque chose. Visiter les favelas, cela signifie comprendre leur fonctionnement, leur faire de l’argent et considérer qu’eux aussi peuvent participer au gâteau que représente le tourisme. Sinon, que leur reste t’il, le trafic de drogue?

J’avais vu, il y a quelques temps, que des visites étaient organisées dans des cités françaises par des gens du quartier afin d’expliquer l’histoire, le développement et l’avenir de certains coins au délà du périphérique. Si j’en avais eu l’occasion, je serais allées également dans Ces tours.

Cette mise au point faite, le tour organisé est parfait et je le conseille comme un indispensable à faire au cours d’un voyage à Rio.

C’est un mini bus d’une petite dizaine de personnes qui vous emmène à la Rocinha, la plus grande favela de Rio, 60 000 habitants.

Vu de haut, la favela est gigantesque. Le guide nous parle alors de son fonctionnement et de son histoire. Les favelas ont été construites sur les hauteurs de la ville car à l’époque les esclaves se cachaient là lorsqu’ils tentaient de fuir.

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Les favelas sont littéralement voisines des quartiers les plus riches. Une superbe maison fait face à un immeuble de brique. Dans le fond, c’est logique puisque les habitants des favelas travaillent dans ces maisons de « riche ». D’ailleurs, les habitants des favelas ne sont pas tous pauvres car ils sont considérés comme la classe moyenne brésilienne.

Bidonville est censé être un synonyme de favela mais pour moi c’est bien différent. Un bidonville ressemble au camp de Rom entre deux bretelles du périphériques parisien. Fait de bric et de broc, ces habitations ne résisteront pas à un incendie. Alors qu’une favela, c’est du dur: des briques, de l’électricité, du chauffage, l’eau courante ou un récupérateur d’eau de pluie, des fenêtres qui ferment et mêmes des antennes satellites. Malgré quelques glissements de terrain, il n’y a jamais eu de gros accidents car ceux qui construisent, savent le faire; c’est leur métier. Ceux qui habitent là sont peintre en bâtiment, couvreur ou encore plombier.

Lorsqu’un habitant d’une favela décide de vendre son toit à un nouvel habitant, il n’y a pas d’architecte pour voir s’il faut consolider la structure mais ils ont le savoir et cela suffit.

Bien entendu, tout cela est plutôt illégal. Les achats et ventes se font sans papier, l’électricité est rarement raccordé à un compteur et le matériel vient peut être d’anciens chantier. Mis à part ça, les conditions de vie à proprement parler ne sont pas aussi catastrophique qu’il pourrait paraître.

Un pont dans la favela de l'architecte brésilien Oscar Nimeyer

Un pont dans la favela de l’architecte brésilien Oscar Nimeyer

Le vrai problème est la proximité entre chaque « immeubles ». Les écarts sont tellement faible qu’à part quelques rues principales, les favelas ne sont pratiquement constitués que de toute petites ruelles. De plus, cela empêche de faire passer certaines canalisations, notamment, le tout à l’égout. En d’autres termes, les eaux usées sont éjectées directement entre les immeubles, ce qui provoque des problèmes d’hygiène. « Heureusement », les pluies y sont très fréquentes et les ruelles sont nettoyées naturellement en emmenant les déchets vers la plage. Après les pluies, reste alors des ruelles propres mais ressemblant à des coulées de boue puisque le sol n’est pas recouvert de « dur ».

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Afin de diminuer le nombre de favela avant la coupe du monde et les JO, le Brésil a opté pour une méthode assez classique. Elle a installé un hôpital et d’autres services publics et à changé le nom en « communauté ».

Avant les JO, les favelas étaient au mains des narco trafiquants et la population ne s’en plaignait, à priori, pas trop. Il n’y avait pas de vol, les règlements de comptes se faisaient entre trafiquants et les gros dealers étaient généreux avec la population. Le seul vol qui avait eut lieu dans la favela était dans la banque (il y a tout dans les favelas) et les dealers ont enquêté comme des fous pour trouver le coupable. Il s’est avéré que c’était des policiers.

Cela peut paraître idylique mais en garantissant la paix dans le quartier, les narco trafiquants tenaient la police éloignée et en rendant service aux populations, elle s’assurait une loyauté de ces mêmes personnes.

Aujourd’hui, la ville a décidé d’entamer un période de « pacification ». Les policiers restent présents en permanence dans la cité et ils tentent de légaliser toutes les activités au sein de la favela. Vu que les policiers sont ultra corrompus et en aucun cas généreuse, la population n’est pas des plus heureuse.

Nous avons eu l’occasion de voir une « pacification » terminée dans une des plus petites favelas de Rio où il n’y a jamais eu de narco trafiquants (elle était vraiment trop petite) mais où ils ont mis le tout à l’égout, des noms au rue et même fait les sols en durs. Les ruelles ressemblent toujours à des coupes gorges mais toutes les portes restent ouvertes, alors peut être est ce vraiment réussi.

 

L’autre classique du Brésil, c’est le foot. Anne nous avait parlé avec dégoût des matches de foot qui se passaient il y a 1à ans au stade mytique de la Maracaña, mais je peux vous dire qu’aujourd’hui ce n’est plus la même chose.
Le stade vient de rouvrir et il sent bon la peinture fraiche. Les allées sont grandes, les lumières sont nombreuses, les toilettes sont en nombre suffisants (c’est important comme détail), et l’ambiance est bonne enfant.

Toutes les boissons ou nourriture de l’extérieur sont interdites mais vous pouvez tout acheter à l’intérieur. La bière est sans alcool et les verres sont assez grand pour que l’on puisse vous vider votre cannette à l’intérieur. Ainsi, en cas d’énervement , vous ne pourrez que jeter un verre en plastique.

En plus, les prix sont affichés sur les T Shirt ce qui évite toutes discussions inutiles. J’ai vraiment trouvé que tout était super bien organisé.

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Il y avait également les supporters, les chants, les fanfares… A voir, indubitablement.

A aucun moment, je n’ai senti de la tension ou de l’énervement, jamais nous n’avons senti que ça allait dégénérer. Maintenant, le match n’avait peut être pas beaucoup d’improtance et « notre » équipe de Rio était en nombre car jouant à domicile.

"Nos"supporters

« Nos »supporters

Contrairement à l’autre équipe qui avait (très) peu de supporter.

presque vide

presque vide

 

Et pour courroner le tout, c’est notre équipe qui a gagné. Toutes ces conditions étant réunies, pouvait il vraiment avoir des débordements?

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3 thoughts on “Activités complémentaires

  1. Reply Michele Sweerts Sep 10,2013 9 h 33 min

    Merci beaucoup pour le rapport concernant la favela. Tout comme vous (ta Maman et toi) je trouve ce genre de visite tres interessant. Ouf, si l’on tient compte des chutes, il semble que nous ayons tout de meme quelques gouts en commun.

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  2. Reply Danièle Sep 10,2013 14 h 51 min

    Je vois avec bonheur que l’atmosphère du Maracaña n’a pas changé, mais qu’heureusement maintenant il y a des toilettes.
    Tout a l’air vachement plus organisé ce qui est étrange pour une ville aussi chaotique que rio!
    Tous des bons souvenirs qui remontent à la surface grâce à toutes tes descriptions.
    Merci Aude!

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  3. Reply Alexandra Sep 13,2013 13 h 58 min

    Vous aurez réalisé le reve de beaucoup de fan de foot !

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